Chroniques et interviews

« Sous les projecteurs »
Jocelyne BACQUET
Interview réalisée par Stéphanie Halan pour « Le Phare Littéraire »

         1 - Présentez-vous en quelques phrases :
         Je suis née en région parisienne, d'un père ch'ti et d'une mère italienne.
         Je suis mère de quatre enfants, d'une part, et orthophoniste de formation d'autre part, avec de plus un niveau de licence de linguistique (Faculté des Lettres de La Sorbonne). Sur le plan personnel, c'est après un nouveau départ dans ma vie que je suis revenue à mes premières amours, la photographie, récit de l'instantané, et l'écriture, récit épanoui au fil des mots.
         Actuellement, je vis en Charente Maritime, en compagnie de trois de mes enfants, en pleine nature, après avoir toujours vécu en agglomération, ce qui me permet de mieux aller à la rencontre de moi-même.
         L'écriture, devenue nourriture nécessaire, m'accompagne chaque jour. Mon rendez-vous avec mon clavier est certains jours de la même intensité qu'un rendez-vous amoureux. Un peu étrange, dites-vous ? Sans doute. Mais j'assume. Et même, j'entretiens.


         2 - Dans quelles conditions, écrivez-vous ?
         Tout d'abord, sur ordinateur. Très rarement sur papier, uniquement pour les idées jetées sur un morceau de papier ou un petit carnet. En plus, en cas d'idée qui surgit au débotté, j'ai sur moi un dictaphone où j'enregistre des «trucs».
         Je m'installe un peu n'importe où, mais toujours dans un lieu qui vit. Pas enfermée dans un bureau, pas coupée du monde. Les lieux publics ne me gênent pas. Quand j'écris je suis dans ma bulle et ce qui se passe autour de moi me berce et m'accompagne.
         Selon ce que j'écris, je me mets dans un état mental différent. En dehors des poèmes, que je vois comme des instantanés photographiques, je m'installe dans mon écriture et je me déplace aux côtés de mes personnages.
 
          3 - Avez-vous déjà une idée pour votre prochain livre ?
         En fait, j'ai déjà de nombreux autres livres, qui sont prêts ou presque à paraître. Au total, dix livres terminés, que je dois encore faire beaux au niveau du texte et revêtir d'une couverture qui les tiendra au chaud et les présentera au monde, comme un faire-part de naissance. Plus cinq autres livres qui sont en cours d'écriture. Plus... des projets plus ou moins mis en forme dans les méandres de mon cerveau.

        

        4 - Auto-Édition : choix ou dépit ?

         Les deux. Impression, après plusieurs expériences avec des éditeurs, d'être un poisson ingénu se baladant dans un aquarium de requins... Et apprentissage, à travers des expériences, de ce qu'est le vrai travail d'un éditeur digne de ce nom. Je me suis alors dit que ce travail-là, je pourrai le faire moi-même, en sachant choisir au mieux les partenaires qui pourront m'aider. La couverture, c'est un métier, la correction c'en est un autre, la promotion encore un autre, même si j'y participe amplement par ma présence dans des salons et séances de dédicaces. Et la vraie liberté, ce n'est pas tout faire tout seul, mais pour moi c'est : savoir demander de l'aide à point nommé, et ne pas se sentir amoindri dans son mérite pour autant.
 
         5 - Qu’est-ce qui vous donne systématiquement le sourire ?
         Une image touchante dans la vie de tous les jours. Ça peut être une scène vécue, une phrase que je lis, une photo, l'intonation avec laquelle on me parle...
 
         6 - Votre citation préférée et pourquoi ?
         «Le tout n'est pas égal à la somme des parties». Phrase que nous avait jeté en pâture un prof de math lorsque j'étais au collège. Je me suis vite rendu compte de sa force, en constatant qu'elle était applicable à toute chose vécue, et pas seulement au monde de la logique mathématique.
 
         7 - À part l’écriture, quelles sont vos autres passions ?
         Justement, les mathématiques. C'est une passion qui me tient au corps. Je trouve les nombres beaux, ils me parlent et leur infinité multiple me fascine. J'adore certains types de démonstrations, qui m'ont transcendée lorsque j'ai découvert leur existence au lycée (oui, je l'avoue, je suis titulaire d'un bac scientifique...).
         À part ça, la photographie est une autre passion, où je peux exprimer à la fois mon côté rigoureux de matheuse, par le fait de dominer la technique, et mon côté artistique, en y mettant tous mes ressentis et mes affects...

         8 - Un lieu qui vous aide à vous ressourcer ?
         Une abbaye bénédictine en Charente, où j'ai fait plusieurs retraites. Lieu magique et pur, purifiant et porteur d'énergie.
 
         9 - Quel est votre pire souvenir d’auteur ? Et le meilleur ?
         Le pire : destruction involontaire de cinquante pages, broyées par le vidage sécurisé de mon Mac... Je n'ai jamais repris l'écriture de ce livre tellement le deuil en fut insupportable.
         Le meilleur : mon premier «bébé» entre mes mains, bien sûr !
 
         10 - Quel est le dernier livre que vous avez lu ?
         Actuellement : «Carnets noirs» de S. King et «Hippie» de P.Coelho 

« FALLAIT PAS »
Chronique réalisée par Stéphanie HALAN pour le « Phare Littéraire »

    En découvrant la couverture et la quatrième, je n’ai pas hésité un instant !
    Personnellement, je me suis souvent demandé si un auteur écœuré par un grand nombre de refus de maisons d’édition, pouvait un jour s’imaginer «régler ses comptes», mais mieux (ou pire encore) passer à l’acte.
    Eh bien dans ce roman, Jocelyne nous transporte dans la peau de cet auteur… Le moins qu’on puisse dire c’est que celui-ci ne fait pas les choses à moitié… sa liste est longue…
    Plusieurs personnages, aux personnalités différentes, deux flics n’ayant rien en commun, mais qui devront apprendre à collaborer pour, peut-être dénicher cet auteur meurtrier. Mais on ne perd jamais le fil, j’ai beaucoup apprécié les descriptions, le vocabulaire adapté en fonction des personnalités des différents protagonistes. Tout ceci permet facilement d’intégrer toutes les émotions des scènes et pensées des personnages. Tout est bien, très bien ficelé. On tourne les pages avec envie…
    J’avoue que j’étais tout aussi intéressée par l’enquête et les indices permettant aux policiers de le débusquer, que par l’avancée des «règlements de compte» du «méchant de service».

    Et comme tout bon polar, la fin est étonnante !